

Chroniques
Retour sur la COP 16 Biodiversité - novembre 2024
La Cop 16 Biodiversité vient de se terminer à Cali en Colombie sur un gros échec malgré deux avancées majeures.
les 196 états signataires de la convention sur la diversité biologique ont été incapables d'arriver à un projet financier pour financer l'accord de Kunmin- Montréal de la Cop 15 sur la protection, la restauration, la baisse des pesticides et des engrais, etc...
On voit que les états n'arrivent pas à considérer la biodiversité comme un BIEN COMMUN, comme si par exemple la forêt amazonienne était uniquement le problème des états sud-américains ou les 30 % de territoires présumés protégés (ce n'est pas le cas) en Europe étaient uniquement le problème de la CE.
Cette biodiversité où qu'elle soit, régule le climat avec la photosynthèse, les herbivores, et le cycle de l'eau ; ne pas financer sauvegarde, parce qu'elle est loin de nous géographiquement est une absurdité scientifique et un suicide collectif. Nous comprenons que les gaz à effet de serre ne sont pas de nationalité mais nous continuons à ignorer que la biodiversité n'est pas nationale dans ses effets pour l'humanité !
Deux avancées importantes quand même sur les droits des peuples autochtones et sur les séquences génétiques.
Est ce que la COP 29 sur le climat à Bakou sera moins irréaliste et permettra t elle de réelles avancées ?
A suivre...
Frédérique Tuffnell
Focus sur la biodiversité, la biopiraterie et brevets, de Marie Blandin - Novembre 2024
La COP 16 qui s’est déroulée en Colombie poursuit le travail initié à Rio en 1992. Déjà la première Convention sur la Diversité Biologique se souciait des tentatives de privatisation du vivant. En 2010, le Protocole de Nagoya énonçait le principe « Accès et Partage des Avantages (APA) » : désormais ceux qui veulent accéder aux plantes d’un État doivent demander l’autorisation, et, si des savoirs traditionnels sont associés, obtenir l’accord des communautés concernées, et partager les futurs bénéfices éventuels. Il était temps de freiner la biopiraterie.
Le mécanisme redouté est toujours le même : une entreprise cosmétique ou pharmaceutique envoie des chercheurs dans une contrée reculée pour observer une communauté autochtone qui utilise traditionnellement une plante pour ses propriétés médicinales. Ils rapportent des échantillons, dont on extrait le « principe actif ». A partir du produit élaboré par l’extraction de ce principe actif, l’entreprise dépose un brevet sur ce qu’elle considère être son « invention ».
La flore « bien commun » et le savoir culturel se voient alors exploités, valorisés économiquement, et même brevetés ! Les populations locales n’en tirent aucun bénéfice, s’en trouvent dépossédées à cause de la surexpoitation, ou de la montée des prix, ou même interdites d’approche. Une grande militante indienne Vandana Shiva s’active avec des ONG dans le monde entier pour empêcher les brevets sur le vivant. En France son travail est relayé par la fondation Danièle Mitterrand.
C’est ainsi que le brevet abusivement déposé sur le Neem, margousier du sud de l’Himalaya, utilisé depuis des milliers d’années pour ses qualités insecticides, cosmétiques et médicinales, a été retiré à la suite d’une bataille juridique.
Les brevets illégitimes de la firme allemande Schwabe, sur le Pélargonium d’Afrique du Sud ont été annulés : cette plante antimicrobienne et expétorante est restée dans le domaine public grâce à l’African Center for Biosafety et au jugement de l’Office Européen des Brevets.
La France est particulièrement concernée en raison de la richesse de la Guyane : un conflit a d’ailleurs eu lieu au sujet du Quassia Amara, antipaludéen reconnu, sur la molécule duquel un organisme de recherche avait déposé un brevet.
L’Inde et le Pérou se sont lancés dans des actions de recensement des savoirs traditionnels liés à leurs biodiversités. Le but est de disposer d’un outil efficace pour prouver l’antériorité des savoirs traditionnels en cas de demandes de brevets posés sur des plantes dont les propriétés seraient déjà connues par des peuples. La France est particulièrement concernée en raison de la richesse de la Guyane : un conflit a d’ailleurs eu lieu au sujet du Quassia Amara, antipaludéen reconnu, sur la molécule duquel un organisme de recherche avait déposé un brevet.
Plus largement la « brevetabilité du vivant » jadis impossible fait l’objet de toutes les convoitises. A l’origine le brevet est une protection intellectuelle et économique pour les inventions. Le vivant n’est pas concerné. Mais on s’en approche de plus en plus : pour les semences on parle de « certificat d’obtention végétale » et les graines issues de cultures ainsi produites ne peuvent être vendues sans payer l’obtenteur. Pour les OGM on parle d’inventions (en oubliant que ces inventions ne sont qu’une ultime greffe sur des organismes qui résultent de millions d’années d’évolution naturelle et de centaines de milliers d’années de sélection paysanne). Et parfois on ruse en ne brevetant pas un végétal, mais le seul procédé d’extraction de la substance active.
Chronique de Denis Cheissoux
CO2 Mon amour-mars 2024
Philippe Descola dans le Lot (2)
Il y a les braves cons, les pauvres cons, mais aussi les sales cons de l'espèce de ceux qui tuent pour jouer, par plaisir, pour se désennuyer. Qui braconnent et se croient au-dessus des lois...Et tout doit y passer, chamois chevreuil, vautour, aigle royal ou pygargue à queue blanche... Morzine est morte en Oisans il y a dix jours d'une balle en pleine poitrine... Vous ne connaissez pas Morzine? C'est le nom d’un très grand oiseau car la station éponyme a financé sa balise GPS. Le pygargue à queue blanche est quasi inconnu du public. Normal, il ne joue pas en équipe de France et se produit pas dans le zénith de votre ville, ce rapace avait disparu de France depuis 1959. Certains fadas de nature sauvage s'ingénient depuis des années à lui redonner droit de cité en France et dans les Alpes. Il a fallu deux malfrats pour lui régler son compte un jour d'ennui. Presque trois mètres d'envergure, difficile de le confondre avec un étourneau. Si ces deux criminels du vivant s'étaient renseignés, ils auraient appris que le bel oiseau était équipé et suivi à la trace par des enfants et des scientifiques qui ont pu ainsi retrouver son cadavre grâce à son collier émetteur. L'OFB a très bien fait son travail, bravo à ses agents qui ont remonté la piste en traçant leurs portables. Fini l'impunité des lâches. On a déniché les deux emplumés dans leur repaire qui ont avoué les faits. Ils vont devoir payer la note . Leur faire porter en montagne les caisses des oiseaux à réintroduire , serait une très salutaire approche de l'ornithologie et des difficultés qu'il y a pour remettre en place péniblement des oiseaux dans leur milieu dans l'enthousiasme d’une riche biodiversité montagnarde... Le visage radieux de ces deux frères , ne feront pas la une des médias. Dommage on aimerait tant savoir à quoi à ça ressemble deux cons.
Cette semaine, c’est la fête de l’eau et celle des forêts, les deux sont liés, ruissèlent de feuilles en nuages, puisque les forêts sont les rivières du ciel.
2/3 des pluies viennent de la Terre, des forêts
Dans l’eau, l’eau delà, dans l’eau du ciel, dans ces deux atomes d’hydrogène et cet atome d’oxygène, il y a juste… la vie.
Dans les forêts inquiètes, il y a le chaud qui couve, les arbres ont soif, les scolytes font aussi la fête et puis jamais très loin la folie des incendies.
La graisse des tronçonneuses n’est pas la brillantine des dieux, forêts rasées de trop près, ou qui fabriquent les chemins creux.
Mais du bois, pardi il en faut … qui partira en Chine, qui sortira la raboteuse/ et reviendra en lamelles de parquets cirés/
au grand bal pour danser / au grand bal de la mondialisation heureuse/.
Les arbres du printemps s’habillent d’oiseaux, de lucanes, d’écureuils roux de pics épeiche, de gélinottes ou bien de vieux hiboux.
Partition du vivant, clé de sol de notre sol, la forêt climatise nos rêves.
Elle abrite des sorcières, des petits Chaperons rouges, des Hansel et Gretel, des fées, des lutins /
Elles font jaillir des loups, l’histoire de notre enfance et celle des champignons malins.
La forêt compte … mais en cent, en mille ans, le temps est son amant.
Elle compte avant tout sur elle. Elle fait tout, toute seule, les bras, les branches remplis de force/
en accueillant bien volontiers des Théodore Rousseau, Thomas Brail, des Chico Mendès , des gens de la même écorce/
Et coule, tournoie, circule et grimpe par les racines, pompée/ l’eau nourricière repartira en rosée, brouillard, rivière au-dessus de la canopée.
Certes « les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent » merci Alphonse - ou un autre- mais elles garderont assez de troncs, de fûts,/ de branches pour abriter et faire fleurir la vie dessus ses arbres morts.
Après les guerres de l’eau, les batailles en son nom, elle retrouvera le chemin des sources, le chemin des nuages, le grand flot de la mer et celui des forêts.
Merci l’eau, merci les forêts et belle fête, là-haut à votre faîte.
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Philippe Descola nous attend au bord de sa forêt, à la lisière des mots.
Denis Cheissoux


Dixième session
de l'IPBES
La dixième plénière de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) a démarré ce lundi à Bonn, en Allemagne. L’IPBES est l’équivalent du GIEC pour la biodiversité. Y est notamment discuté le résumé pour décideurs de l’évaluation mondiale sur les espèces exotiques envahissantes (une des 5 principales pressions sur la biodiversité).
L’Office français de la biodiversité est present au sein de la délégation française pour apporter son appui technique et scientifique aux ministères (MTECT et MEAE) aux côtés de la Fondation pour la recherche de la biodiversité, du CNRS et du Muséum National d’Histoires Naturelles et renforcer son réseau international.
Au niveau national, l’Office Français de la Bioœuvre chaque jour pour préserver la biodiversité, notamment en luttant contre les Espèces exotiques envahissantes.